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Ergonomie, formation
  • Photo du rédacteurPatrick Viale-Civatte

Amélioration du mode de vie des collaborateurs : efficacité des interventions en entreprise

Dernière mise à jour : 8 janv.



Les responsables ressources humaines, QVCT et HSE disposent d’un large choix d’outils pour prévenir les risques professionnels et mettre en place des mesures d’amélioration de la QVCT.

 

Côté risques professionnels, les Troubles Musculosquelettiques (TMS) et les Risques Psychosociaux (RPS) sont clairement identifiés comme les deux principaux risques à l’origine des arrêts maladie et des arrêts de travail.

Quant aux volets santé des plans QVCT, ils se limitent souvent à la prévention primaire de ces deux risques professionnels.

 

De fait, les actions de prévention ne prennent généralement pas en compte le manque de sommeil, le surpoids ou l’obésité et le tabagisme des collaborateurs. Or ces facteurs pèsent lourdement sur l’absentéisme, compte tenu de leur prévalence dans la population active (cf. article Sommeil nutrition tabac - importance et impact sur l'absentéisme).

 

Pour autant, les interventions en entreprises pour améliorer le mode de vie des collaborateurs sont-elles efficaces ? Comment évaluer leurs résultats ? Comment engager les salariés de manière durable ?

 



Cet article passe en revue de nombreuses expériences menées en entreprises et trace les grandes lignes des facteurs clés de succès.





1. L’entreprise, un terrain favorable pour mener des actions de prévention santé


L’entreprise est un lieu propice pour mener des actions de prévention santé, y compris dans les domaines du sommeil, de la nutrition et du tabac pour plusieurs raisons :

-          Le temps passé par les salariés au travail

-          Un accès à des populations qui pourraient être difficiles à atteindre et à engager dans un contexte privé

-          La possibilité de s’appuyer sur un réseau de pairs

-          La possibilité d’utiliser une large gamme d’outils motivationnels

 

Pour l’entreprise, les avantages sont également multiples :

-          Amélioration de la santé des salariés

-          Amélioration de la marque employeur

-          Réduction de l’absentéisme et des coûts associés



2. Efficacité des interventions pour améliorer la santé des salariés


Les chercheurs ont mené de nombreuses études depuis plus de 20 ans pour analyser l’impact d’interventions de prévention et d’amélioration de la santé en entreprise.

 

Toutes les études ayant conduit à des résultats probants ont en commun :

 

-          D’avoir été menée dans le temps

 

-          D’avoir utilisé de manière explicite ou implicite des techniques de changement du comportement

 

-          De mesurer les effets à l’aide d’indicateurs validés scientifiquement

 

Les impacts ont été mesurés en comparant les effets produits par les interventions sur une population par rapport à l’évolution d’une autre population n’en ayant pas bénéficié.

 


2.1. Des actions menées dans le temps

 

Les interventions ayant donnée des résultats ont porté sur des durées de quelques semaines (sommeil) à quelques mois (nutrition et tabac) [1, 2, 3, 4, 8, 9, 14, 15, 16, 19, 20].

 

Une étude portant sur une intervention de 2 semaines n’a pas conduit à des résultats probants [5].

 

 

2.2. L’utilisation de techniques de changement du comportement couplées à des contenus appropriés


En premier lieu, le choix laissé aux collaborateurs dans la sélection de leur(s) programme(s) est critique pour la motivation et l’engagement des salariés dans le temps.

 

Les contenus doivent être appropriés et :

-          En premier lieu porter sur l’éducation sur l’hygiène de vie pour permettre de comprendre quels nouveaux comportements adopter

-          En second sur favoriser la pratique d’activités telles que relaxation (sommeil) ou activité physique (nutrition)

-          Enfin, pouvoir s’accompagner de modifications de l’environnement (exemples : changement des menus à la cantine ou produits de substitution à la cigarette). A noter que la variation de luminosité sur les salariés ne semble pas avoir donné de résultats probants sur le sommeil à ce jour [6].

 

Les techniques de changement de comportement ayant entraîné des résultats sont :

-          En premier lieu les incitations financières [21, 24] que ce soit pour détecter des risques chez les salariés, et/ou la participation à un/des programmes et/ou l’atteinte d’objectif

-          La personnalisation des conseils

-          La motivation par un spécialiste ou l’engagement vis-à-vis d’un tier/de son environnement (en particulier tabac), accompagné de feedback

-          Le contrôle des déclencheurs

 

A noter également :

-          Une étude sur le sommeil signale le risque de fixer des objectifs, qui peut exacerber les problèmes plutôt que les résoudre [7].

-          Une autre étude sur a mis en lumière un effet placebo intéressant, en indiquant à des salariées au métier à dominante physique que leur travail correspondait aux recommandations d’un médecin [13].

 

 

Les formats présentiels [1, 2, 4, 8, 9, 10, 13, 14, 15, 16, 17, 18] comme digitaux [3, 11, 12] ont montré des résultats (aucune étude de notre panel sur l’arrêt du tabac n’a porté sur un format digital).


2.3. Mesure des résultats


La mesure des résultats se fonde sur l’utilisation d’indicateurs validés scientifiquement (des détails sur ces indicateurs sont donnés en annexe).

Ces indicateurs et leur évolution au cours des interventions sont donc différents d’une thématique à l’autre.

 

Sommeil :

-          Indicateurs : la majorité des chercheurs ont utilisé le score PSQI [1, 2, 4], une étude ayant utilisé l’indice ISI [3]

-          Résultats : les interventions ont permis de réduire les scores entre 10% et 50%, ayant permis de ramener les participants à des niveaux normaux (score PSQI <= 5).

 

Nutrition : Les interventions ont permis une réduction de l’indice IMC entre 1% et 4%, ramenant les participants à des niveaux légèrement supérieurs à la normale (IMC <=25) [8, 9, 13]

 

Tabac : les interventions ont permis d’atteindre des taux d’abstinence entre 15% et 40% [14, 15, 16]



3. Impact des interventions sur l’absentéisme et ROI


3.1. L'exemple des Etats-Unis

 

Aux Etats-Unis, des programmes d’amélioration du mode de vie des collaborateurs existent depuis de très nombreuses années, s’inscrivant dans la durée et dans la culture des entreprises [21, 22, 23, 24, 25].

Depuis la loi Patient Protection and Affordable Care Act (plus connue sous le nom d’Obama Care) votée en 2010, ces programmes bénéficient même d’une fiscalité avantageuse, sous certaines conditions.

Pour encourager leurs collaborateurs à y participer, 69% des entreprises utilisent des incitations financières, à travers des rétributions directes ou via leurs complémentaires santé [21].

 

Ainsi, des chercheurs ont pu mener des études sur l’impact de ces programmes sur l’absentéisme et le remboursement de soins, et par plus largement sur leur retour sur investissement (ROI).



3.2. Impact financier des programmes d’amélioration du mode vie des collaborateurs


Les exemples ci-dessous correspondent à des programmes réussis mis en place par des entreprises américaines. Cependant, si nous n’avons pas trouvé de publications relatives à des échecs, la réussite financière de tels programmes n’est bien entendu pas garantie.

 

Une entreprise de services publics [23] :

-          Le programme consiste en : évaluation des risques santé, mesures biométriques périodiques et large choix de modules d’éducation et de suivi santé mis à dispositions des collaborateurs détectés à risques et volontaires, accompagné d’un programme d’incitations financières

-          Coûts entre 560 USD et 1150 USD par participant

-          ROI annuel de 160%

 

Johnson & Johnson [24] :

-          Le ROI a été évalué en comparant les données des salariés de J&J à des données de salariés employés dans d’autres groupes du même secteur

-          ROI estimé entre 190% et 390%

 

Citibank [25] :

-          Le programme consiste en : une cartographie des risques des employés (questionnaires), un suivi intensif des employés à fort risque et un programme d’éducation des employés à faible risque

-          Coût moyen de 34 USD par mois par participant

-          ROI entre 450% et 475%

 

Une meta analyse sur des études menées sur les coûts (actions et incitations financières) et les économies (frais de santé et absentéisme) de programmes santé en entreprise a mis en lumière [22] :

-          Un coût moyen entre 130 USD et 145 USD par participant

-          Un ROI entre 270% et 320% obtenu entre 2 et 3 ans.



Chez ZC Santé, nous sensibilisons et accompagnons individuellement vos collaborateurs pour mieux gérer leur sommeil, leur alimentation et réduire le tabagisme. Découvrez notre approche et nos offres :





Sources :


1.         Kakikuma & al, Effect of Brief Sleep Hygiene Education for Workers of an Information Technology Company

2.       Eigl & al, A low-threshold sleep intervention for improving sleep quality and well-being

3.       Behrendt & al, Efficacy of a Self-Help Web-Based Recovery Training in Improving Sleep in Workers: Randomized Controlled Trial in the General Working Population

4.       Nishinoue & al, Effects of sleep hygiene education and behavioral therapy on sleep quality of white collar workers - a RCT

5.       Suzuki & al, Evaluation of an Internet-Based Self-Help Program for BetterQuality  of  Sleep  among  Japanese  Workers:  A  RandomizedControlled Trial

6.       Slanger & al, Person-directed, non-pharmacological interventions for sleepiness at work and sleep disturbances caused by shift‑ work

7.        Murawski & al, A systematic review and meta-analysis of cognitive and behavioral interventions to improve sleep health in adults without sleep disorders

8.       Geaney et al., The effect of complex workplace dietary interventions on employees dietary behaviours, nutrition knowledge and health status

9.       Kim & al, Effect of Workplace-Visiting Nutrition Education on Anthropometric and Clinical Measures in Male Workers

10.    Ashton & al, Effectiveness of Interventions and Behaviour Change Techniques for Improving Dietary Intake in Young Adults: A Systematic Review and Meta-Analysis of RCTs

11.      Hutchinson & Wilson, Improving nutrition and physical activity in the workplace: a meta-analysis of intervention studies

12.     Olson, Behavioral Nutrition Interventions Using e- and m-Health Communication Technologies: A Narrative review

13.     Crum & Langer, Mind-Set Matters

14.     Van den Brand & al, Effect of a workplace-based group training programme combined with financial incentives on smoking cessation: a cluster-randomised controlled trial

15.    Volpp & al, A Randomized, Controlled Trial of Financial Incentives for Smoking Cessation

16.     Smedslund & al, The effectiveness of workplace smoking cessation programmes: a meta-analysis of recent studies

17.     Black & al, Behaviour change techniques associated with smoking cessation in intervention and comparator groups of randomized controlled trials: a systematic review and meta-regression

18.     Fishwick & al., Smoking cessation in the workplace

19.     Christensen & al, Diet, physical exercise and cognitive behavioral training as a combined workplace based intervention to reduce body weight and increase physical capacity in health care workers - a randomized controlled trial

20.   Talvi & al, A health promotion program for oil refinery employees: changes of health promotion needs observed at three years

21.     Maktte & al, Workplace Wellness Programs Study

22.   Baicker, Cutler, Song, Workplace Wellness Programs Can Generate Savings

23.   Yen & al, Long-term return on investment of an employee health enhancement program at a Midwest utility company from 1999 to 2007

24.   Henke RM, Goetzel RZ, McHugh J, Isaac F, Recent Experience In Health Promotion At Johnson & Johnson: Lower Health Spending, Strong Return On Investment

25.   Ozminkowski & al, A Return on Investment Evaluation of the Citibank, N.A., Health Management Program




Annexe - indicateurs de santé


Toute démarche doit débuter par une analyse de la situation. A ce titre, l’utilisation de questionnaires pour réaliser une cartographie de l’état de santé des salariés est une méthode simple et pratique.

 

Bien que basés sur du déclaratif, de nombreux questionnaires ont été étudiés et validés scientifiquement pour détecter les troubles du sommeil, le surpoids ou la dépendance à la cigarette.

 

Ci-dessous quelques exemples des plus fréquemment utilisés :

 

-          Troubles du sommeil :

 

o   Pittsburgh Sleep Quality Index (PSQI) composé de 19 items (http://maxime.elbaz.free.fr/examens/psqi.pdf). Il existe une version allégée (B-PSQI) composée de 6 items

 

 

 

 

Les spécialistes utilisent un agenda du sommeil mais cet outil semble trop lourd en première approche.

 

-          Surpoids et obésité :

 

o   Indice IMC (cf. ci-dessus)

 

o   Rapport taille / hanche

 

Les spécialistes font un bilan diététique complet (y compris carnet alimentaire) mais cette analyse semble trop lourde en première approche.

 

-          Tabagisme :

 

o   Test de Fagerström complet (inclus le nombre de cigarettes fumées) https://www.ameli.fr/sites/default/files/test-dependance_cpam-gers.pdf) en 6 questions et sa version simplifiée (https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2014-11/outil_tests_fagerstrom.pdf) en deux questions

 

 

Les choix des questionnaires et des indicateurs retenus est critique, en particulier dans une optique de suivi de la santé des collaborateurs et de l’impact d’actions de prévention :


-          Collecte des informations (facilité de diffusion, rapidité à y répondre)

-          Utilité des indicateurs (compréhension, rapidité de calcul).


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