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Ergonomie, formation
  • Photo du rédacteurPatrick Viale-Civatte

Santé, sécurité, QVCT - Ergonomie des postes ou formation des collaborateurs : faut-il choisir ?

Dernière mise à jour : 12 févr. 2023


A l’heure de mettre en œuvre un plan d’action de prévention des troubles musculosquelettiques (TMS), un grand nombre d’entreprises arbitrent entre mesures d’améliorations techniques ou organisationnelles et formations des parties prenantes à la prévention.

Ces deux actions répondent-elles à un même problème ? Sont-elles exclusives l’une de l’autre ?

Eléments de réponse.



1. La démarche de prévention


Toute démarche de prévention débute par un diagnostic permettant d’identifier les causes, qui peuvent être de plusieurs natures :

  • Les facteurs biomécaniques : gestes répétitifs, postures contraignantes, efforts excessifs…

  • L’environnement de travail : l’aménagement du poste, le port de gants, les vibrations, le froid…

  • Les facteurs individuels : l’âge, le genre, les antécédents ou encore l’état de santé comme le surpoids ou les troubles du sommeil.

  • L’organisation du travail : pauses, alternance, travail de nuit, standardisation…

  • Les facteurs psychosociaux et le stress : pression, participation aux décisions, marge de manœuvre, soutien social, incertitude sur l’avenir…

Ces facteurs peuvent être collectifs ou individuels, de même qu’ils peuvent se combiner dans un ensemble complexe.

Une fois le diagnostic posé, il s’agit d’imaginer les solutions possibles et de mobiliser les parties prenantes autour d’actions planifiées visant à éliminer ou à limiter les causes identifiées.


 

2. Les améliorations techniques et organisationnelles


2.1. Les améliorations techniques


Les modifications techniques de postes de travail ou du matériel présentent un caractère durable. En effet, les contraintes biomécaniques pesant sur la réalisation des tâches ayant été éliminées ou réduites grâce à une amélioration, une partie des risques devrait s’en trouver diminuée.

Par exemple, sur un site de fabrication de pièces de grande dimension pour l’aéronautique, l’intervention d’un ergonome a permis de lancer la conception d’un adaptateur à l’outil de travail des collaborateurs, lourd et encombrant, afin de réduire les contraintes sur leurs poignets.


Une autre possibilité est d’équiper les opérateurs d’aide extérieures, comme des exosquelettes, pour soulager les efforts lors de la réalisation de certaines tâches.


Cependant, se focaliser sur les changements techniques et leur quantification peut réduire le risque de TMS aux seuls facteurs biomécaniques, qui ne sont pas les seuls contributeurs.

De même, il faut que les conditions d’utilisations des outils soient respectées, tout comme elles doivent être adaptées à tous ceux et toutes celles qui les utilisent. Ceci nécessite donc de former les collaborateurs.

Dans l’exemple ci-dessus, le changement de matériel s’est accompagné d’une formation des nouveaux entrants, pour leur permettre d’acquérir les compétences métiers et mieux protéger leur santé.



2.2. Les changements organisationnels


L’organisation de rotations au poste de travail est souvent utilisée pour prévenir les risques de TMS des équipes. Elle a pour but de diminuer le temps d’exposition aux facteurs de risques, tels que les mouvements répétitifs, les efforts excessifs, les vibrations, les postures contraignantes ou la monotonie des tâches. Cependant, l’exposition aux risques n’est pas réduite si les postes concernés ne sont pas suffisamment différents les uns des autres pour garantir des sollicitations différentes.


De même, les postes les plus difficiles doivent être transformés, car le risque n’est pas proportionnel au temps passé.


Pour aller au bout de l’action, cette réorganisation doit s’accompagner de mesures complémentaires, telles que le développement de la polyvalence des opérateurs, ce qui nécessite de les former correctement.


Ainsi, la formation des collaborateurs est une nécessité lorsqu’il y a changement, que ce soit de l’outil de travail ou de l’organisation, car ils sont les premiers concernés.


 

3. Formation des collaborateurs


A moins d’automatiser entièrement le processus, la production nécessite la réalisation de tâches par les collaborateurs. La littérature scientifique a depuis longtemps établi l'existence de liens entre la survenue des TMS et la réalisation des gestes métier.


A ce titre, les entreprises sous estiment souvent les difficultés d’acquisition des bons gestes, et le temps pour les apprendre. Ceci entraîne une insuffisance dans l’accompagnement de ces apprentissages.


Les formations gestes et postures, très répandues, et répondant aux obligations règlementaires, présentent plusieurs avantages par rapport aux autres types de mesures de prévention :

- Elles sont moins onéreuses

- Elles sont plus rapides à mettre en œuvre


Les formations permettent également de responsabiliser les collaborateurs. Notons à ce titre que l’article L 4122-1 du code du travail stipule « qu’il incombe à chaque travailleur de prendre soin, en fonction de sa formation et selon ses possibilités, de sa santé et de sa sécurité ainsi que de celles des autres personnes concernées par ses actes ou ses omissions au travail. »

Cependant, pour être réellement efficaces, elles doivent prendre en compte les principes de l’apprentissage, et de la formation des habitudes.



De plus, plus les salariés seront formés et sensibilisés, plus le dialogue sur l’adoption de mesures structurelles sera nourri et constructif.


En effet, ces formations permettent aux collaborateurs de s’adapter au mieux à un environnement donné, mais n’agissent pas sur les améliorations possibles de cet environnement, que ce soit au niveau des postes et des outils, que de l’organisation.


 

4. Synthèse


En synthèse, formations des collaborateurs, améliorations ergonomiques des postes et des outils de travail et de l’organisation font partie d’un même ensemble d’actions qui doivent s’articuler entre elles.


D’un côté, si le plan d’action porte d’abord sur des transformations structurelles, elles doivent être complétées par la formation des collaborateurs, car ils sont les premiers concernés.


De l’autre, si des formations sont d’abord engagées, elles doivent permettre de préparer au mieux les changements plus profonds, en favorisant un dialogue nourri et constructif, sur lequel les parties prenantes s’appuieront pour s’aligner sur les causes, et déterminer les priorités.



Chez ZC Santé, nous combinons l’expertise d’ergonome et de formateurs pour vos collaborateurs, nouveaux entrants, référents. Découvrez notre approche et nos offres.



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