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Ergonomie, formation
  • Photo du rédacteurPatrick Viale-Civatte

Formations Gestes et Postures - Comment mesurer l’impact sur vos collaborateurs ?

Dernière mise à jour : 12 févr. 2023



Dans le cadre de votre plan de prévention des Troubles musculosquelettiques (TMS), ou pour respecter vos obligations règlementaires, vous souhaitez organiser une formation gestes et postures.


Au-delà de la planification, de la définition de votre public cible, et des modalités de réalisation de cette formation, il s’agit de mesurer son impact, car sans mesure il n’y a pas de résultat concret.


Que doit-on mesurer ? Qu’est-ce qu’un impact positif ? Comment s’y prendre ?


Cet article vous propose une démarche de mesure du risque de TMS chez vos collaborateurs, quelques indicateurs et outils, et leur application pour obtenir un résultat quantitatif.



 

I. La mesure du risque de TMS


Le risque de TMS s’apprécie sous deux angles possibles :



1. L’analyse de l’individu


Il s’agit d’évaluer le risque d’apparition d’un trouble chez le collaborateur, au regard de données collectées. Pour ce faire, plusieurs outils ont été développés :


  • Les questionnaires :


Les questionnaires sont pratiques car ils peuvent être remplis par un groupe de collaborateurs en même temps, et le traitement des données peut être automatisé. Citons en trois :


o Le questionnaire type Nordique : développé par par Kuorinka, I., Jonsson, B., Kilbom, A, Vinterberg, H., Biering-Sørensen, F., Andersson, G., Jørgensen, K, il s’agit d’un questionnaire auto-administré portant sur des informations générales, l’identification de gênes et douleurs par zone du corps (au cours des 12 derniers mois et des 7 derniers jours), ainsi qu’une évaluation de l’intensité de la douleur (échelle de Borg).

Son intérêt réside dans sa validité pour la détection de risques de TMS, qui a été testée par des chercheurs (cf. annexe). De même, il est utilisé par les médecins du travail en complément de leurs examens cliniques.


o Le questionnaire IRSTT : développé par l’Institut de recherche Robert-Sauvé en santé et en sécurité du travail (Canada), il s’agit d’un questionnaire auto-administré portant sur des informations générales, une identification des zones du corps à problème, et des questions spécifiques sur chaque zone du corps (problèmes au cours de la vie, des 12 derniers mois et des 7 derniers jours). Assez similaire au questionnaire type Nordique, il n’a pas fait l’objet de recherches sur sa validité, à notre connaissance.


o Le questionnaire Satin : ce questionnaire porte sur des informations générales, les conditions de travail, le ressenti en termes de santé et la fréquence de douleurs par zone du corps.


  • L’examen clinique, tel que le protocole SALSTA, principalement utilisé par les médecins du travail.

Plus précis et solide médicalement, l’examen clinique prend du temps et nécessite l’intervention d’un professionnel de santé, ce qui réduit l’agilité de cette méthode lorsque l’on veut la déployer sur un collectif dans un temps court.


  • Les capteurs d’efforts, que les opérateurs peuvent porter pendant un certain temps sur poste. Les données sont ensuite analysées et interprétées à l’aide de logiciels.

Utilisable aussi pour l’analyse de poste, cette méthode nécessite des outils et des ressources assez importantes, difficilement déployable sur un groupe de collaborateurs en même temps.



2. L’analyse du poste ou de la situation de travail


Cette méthode repose sur l’observation des postes et situations de travail, afin d’évaluer les contraintes qu’ils font peser sur les opérateurs.

Les observations peuvent s’effectuer visuellement, les données étant renseignées dans un questionnaire, dont le résultat donne généralement un score. Citons par exemple les questionnaires RULA, REBA, QEC, ou la checklist OSHA.

Récemment, des outils d’analyse vidéo ont été développés, avec le même objectif.



3. Quel outil retenir


S’agissant de formations à destination d’un groupe de collaborateurs, nous recommandons bien entendu d’utiliser un questionnaire.

Les analyses des situations de travail sont quant à elles utiles dans les cas d’améliorations ergonomiques des postes.


Compte tenu de leur simplicité d’utilisation, les questionnaires sont des outils adaptés. Vous pouvez ainsi demander aux participants à votre formation de remplir au préalable un des questionnaires mentionnés ci-dessus.

Tout en respectant les normes RGPD, vous pouvez ensuite consolider les données recueillies pour calculer un ou plusieurs indicateurs, qui vous serviront par la suite.

Par exemple, vous pouvez utiliser une forme condensée du questionnaire type Nordique (centrée sur l’identification des gênes et douleurs et leur intensité), et calculer le nombre moyen de gênes et douleurs déclarées par vos collaborateurs, ainsi que leur intensité moyenne.



 


II. Mesure de l’impact


L’impact de votre formation sur le risque de TMS de vos collaborateurs sera simplement matérialisé par l’évolution des indicateurs retenus.

Pour cela, un certain temps après la formation, il vous faudra demander aux participants de remplir de nouveau le même questionnaire choisi, calculer les indicateurs retenus, et les comparer avec ceux calculés initialement.


Afin de laisser le temps aux enseignements donnés lors de la formation de faire leurs effets, nous recommandons de faire ce nouveau recueil de données 3 ou 6 mois après la formation.

Par exemple, si vous avez retenu le nombre moyen de gênes et leur intensité grâce au questionnaire type Nordique, votre formation aura un impact positif si ces deux indicateurs diminuent.

Cela traduira le fait que les recommandations données sont adéquates, et qu’elles sont bien appliquées.

A contrario, en cas d’augmentation, il faudra agir sur le contenu enseigné, sur son application dans le temps, ou sur les deux.


A ce titre, pour améliorer l’efficacité de vos formations, vous pouvez appliquer les principes de l’apprentissage et de la transformation des habitudes.



 

III. Pour aller plus loin


Si vous voulez aller plus loin, vous pouvez systématiser votre recueil de données périodique, par exemple en utilisant une application, de sorte à monitorer le risque de TMS chez vos collaborateurs.

En suivant vos indicateurs, qui peuvent être globaux ou par type d’environnement (exemple : atelier) vous pourrez identifier plus vite et de manière plus fiable les contextes à risque pour mieux anticiper et cibler vos actions.

Dans un processus d’amélioration continue, vous pourrez rapprocher l’évolution de vos indicateurs avec l’évolution de l’absentéisme dans votre organisation, pour affiner votre pilotage.


Chez ZC Santé, nous mesurons l’impact de nos formations sur la santé de vos collaborateurs, et sur leurs habitudes quotidiennes. Découvrez notre approche et nos offres.






 


ANNEXE : Validité du questionnaire type Nordique dans la surveillance du risque de TMS

(Extraits de l’étude « Le questionnaire type Nordique, intérêt dans la surveillance des pathologies d’hypersollicitation du membre supérieur, INRS)


Le questionnaire type Nordique fait partie des outils standardisés que les médecins du travail peuvent utiliser pour dépister les troubles musculosquelettiques.


La validité de ce type de questionnaire a été étudiée à partir des données de deux études menées en France sur les troubles musculosquelettiques du membre supérieur : l’étude ANACT-INSERM centrée sur les gestes répétitifs, et le réseau de surveillance des Pays de Loire, dit étude « Pays de Loire ». Pour chaque source de données, les concordances entre questionnaires et examen clinique ont été analysées, en prenant ce dernier comme référence.


Dans l’étude ANACT-INSERM, qui porte sur une large population de travailleurs très exposés aux gestes répétitifs, la prévalence des pathologies est élevée (40% à 70% à partir de l’examen clinique en fonction du critère retenu). A contrario, dans l’étude Pays de Loire, portant sur un échantillon représentatif de salariés, la prévalence est nettement moindre (13% à l’examen clinique). Néanmoins, en dehors de ces différences, la sensibilité et la spécificité sont relativement similaires entre les deux études lorsque les critères de diagnostic sont comparables.


Le résultat de ces études a permis de valider l’utilité de ce questionnaire dans la surveillance épidémiologique des troubles musculosquelettiques.



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